Une inondation C’est quoi ?

Une inondation se définit comme étant « une submersion temporaire, par l’eau, des terres qui ne sont pas submergées en temps normal, quelle qu’en soit l’origine » (Ministère de la Transition Écologique et solidaire).

Le risque d’inondation sur le bassin versant de l’Elnon est un risque connu. Huit épisodes inondant ont été recensé depuis 1993. Toutefois l’évènement du 7 juin 2016 est remarquable tant par l’intensité des précipitations que par l’ampleur des dégâts.

Il existe quatre différents types d’inondations : les inondations lentes, les inondations éclairs (flash flood), le ruissellement, et la submersion marine.

Les inondations lentes

Elles ont comme origine une montée lente des eaux situées en région de plaine ou de nappe affleurente.
Se distinguent alors les inondations de plaine : « La rivière sort de son lit lentement et peut inonder la plaine pendant une période relativement longue » et les inondations par remontée de nappes : lorsque la recharge de la nappe par les pluies est plus importante que sa vidange naturelle, le niveau de la nappe peut alors atteindre le niveau du sol et inonder les zones alentours pendant des mois.

Les inondations éclairs

Elles résultent d’une formation rapide de crue. Consécutives à des averses violentes, les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans les cours d’eau entrainant des crues brutales et violentes dans les torrents et rivières torrentielles. Ce sont les crues torrentielles.

Le ruissellement

S’écoulant le long des grandes pentes, les inondations par ruissellement sont influencées par les ravines ou les rigoles. Le ruissellement peut alors être agricole ou urbain. En cas de pluie de forte intensité, la lame d’eau pluviale de surface ne peut être évacuée par les réseaux hydrauliques naturels (cours d’eau) ou artificiels (réseaux des eaux pluviales). Tout comme l’évolution des pratiques agricoles, l’imperméabilisation du sol (bâtiments, voiries, parkings, etc.) limite l’infiltration des pluies et accentue le ruissellement.

La submersion marine

C’est une inondation temporaire de la zone côtière par la mer lors de conditions météorologiques et océaniques défavorables. Elles peuvent durer de quelques heures à plusieurs jours.

Définition du risque Les trois notions clés

Les risques naturels résultent du croisement entre la probabilité qu’un phénomène naturel se manifeste, et les dommages probables que ce phénomène pourrait engendrer.

Les risques naturels font émerger trois notions clés :

  • L’aléa (qui correspond à la survenue d’un phénomène)
  • Les enjeux (qui sont définis par les biens et les personnes exposés directement ou indirectement aux aléas)
  • La vulnérabilité des enjeux (la propension à l’endommagement ou au dysfonctionnement des différents systèmes exposés : biens, personnes, activités, etc.)

Le risque correspond à la combinaison de ces trois éléments selon la formule suivante :

Risque = Aléa x (Enjeux x Vulnérabilité)

 

La vulnérabilité face aux phénomènes naturels a longtemps représenté les pertes humaines et matérielles potentielles. Peu à peu, l’exposition aux risques fait émerger non une pas une vulnérabilité mais plusieurs vulnérabilités. Sont alors ajoutés au concept de vulnérabilité, des facteurs qualitatifs complémentaires aux facteurs quantitatifs mesurant l’endommagement :

  • Facteurs environnementaux (perturbation des milieux aquatiques, pollution des eaux, espèces protégées menacées, etc.)
  • Facteurs sociodémographiques et économiques (âge, sexe, formation scolaire, etc.)
  • Facteurs socio-culturels (représentation et connaissance du risque, expériences passées et vécues, etc.)
  • Facteurs institutionnels et politico-administratifs (système d’alerte, stratégie de gestion des risques, règlement, etc.).

La vulnérabilité prend peu à peu une définition sociale inhérente aux enjeux structuraux.

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L’urbanisation comme facteur de production du risque Le risque de catastrophes naturelles plus important dans les systèmes urbains modernes

En Europe, la révolution industrielle du début du XIXe siècle a marqué un tournant dans la restructuration des territoires. L’attractivité des villes, en partie illustrée par l’abondance de biens et services, le poids du marché de l’emploi et la facilité d’accès aux commodités vitales expliquent en partie l’explosion de la démographie urbaine qu’a connu la France.

Selon la Banque Mondiale des Nations-Unies (Perspectives Monde, 2019) la population urbaine en France métropolitaine a connu une augmentation de 30% de 1960 à 2018. Toujours selon les Nation-Unies, en 2018, plus de 80% de la population française métropolitaine était domiciliée dans les villes et villages d’au moins 1 000 habitants.

La surconcentration urbaine et démographique conduit au processus de production du risque marqué notamment par l’augmentation des enjeux et des vulnérabilités humaines, économiques et matérielles. Ainsi le risque de catastrophes naturelles est alors d’autant plus important dans les systèmes urbains modernes en raison :

  • De l’importante densité de population et la dépendance de l’Homme aux infrastructures et réseaux (bâtis, réseaux de transports, adduction et gestion de l’eau, réseaux commerciaux, services, etc.) renforçant alors la notion de vulnérabilité.
  • L’usage des sols et l’absence de réglementation : la multiplication de maisons, maisonnettes, hangars d’activités construits dans le lit majeur de fleuves ou cours d’eau. Et la construction d’équipements et d’infrastructures (routes, parkings, bâtis, etc.) qui modifient la perméabilité du sol et empêchent l’écoulement des eaux amplifiant les inondations dues aux crues des cours d’eau.

Pour plus d’informations : http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/IMG/pdf/ARU110-Quenault.pdf

Je participe Nous recueillons des témoignages sur l’ELNON

Le projet ELNONTRANSFRONTALIER propose la mise en place d’une base de données issue de photos sur les crues afin de développer la conscience du risque inondation chez les habitants.

Envoyez-nous vos photos et vidéos.